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DANS LE DESERT DU BAR

Cœur Animal Livre Ton Désir

30 Juillet 2016 , Rédigé par LSARAH DUBAS Publié dans #Vases communicants

                     Cœur Animal Livre Ton Désir

(1) Janvier 2012, mon #Vasesco

Cœur animal

L : A l’approche de la nuit — vous ne voulez vraiment pas aller danser —

LL : C’est la question la plus évidente que l’on puisse se poser — cependant je suis trop maladroit Dieu ne croit plus en moi —

L : Que voulez-vous faire —

LL : Rien — ah si — vous plaire —

L : Dites —

LL : m’allonger sur la mousse baignée de bleu détacher les chairs des feuilles rousses — fermer les yeux — Poser ma main sur votre nuque m’enfoncer dans la forêt

L : Le ciel s’ouvre dans la lumière soudain comme Cathédrale —

LL : Je ne lécherai pas le ciel — malgré ce grand froid en moi — Je n’ose pas vous dire —

L : Si vous ne dites pas — que gagnez-vous —

LL : Rien —

L : Alors dites —

LL : C’est stupide —

L : Ne vous faites pas prier —

LL : J’aimerais faire un risotto avec vous — m’y dévouer corps et âme — le tourner de la main doucement — ne pas le lâcher un instant — tout en vous contemplant — vous — et Nuque

L : Vous voulez écrire la promesse de l’aube ? élaborez un stratagème —

LL : La nuit pourrait être calme avec Vous et Risotto — calme et douce — ainsi nous nous délivrerions des jambes vers une ode à la langue — un chant d’ivresse — s’évanouir vers l’essentiel —

L : Tout redeviendrait idéal — un début des temps — l’encre noire monte anarchique — confuse — devient toute bleue elle aussi — comme ces cieux — Un court instant.

LL : La jeune fille aux baisers bleus électriques — Ce serait comme vous emmener dans une course lente jusque dans une île et ne plus en revenir — jamais — si possible en chaussettes rouges — le vent — et rien d’autre —

L : Justement j’ai des ailes de moulin plantées là

LL : La vie ne braquerait plus son œil de salope sur nos destins — zut — J’ai fait cailler le lait —

L : Je vous entends — j’étreins l’éternité — nous pourrions inviter le magicien d’Oz —

LL : Si seulement il n’était pas sous contrat à la MGM — nous pourrions — A la place nous franchirons des ponts —

L : Ah

LL : Oui — être en suspension dans l’espace et le temps c’est la même chose — cela ne vous dérange pas que je tournoie entre le vous et le toit — passer sur un pont est toujours une variation sur le souvenir — lorsque je te vois je meurs de plaisir et aussi de n’avoir pas su voir son visage à elle — et maintenant je meurs d’être possédé par toi — vous voyez tout est dans la crème —

L : C’est curieux — j’ai toujours la même vision — celle de New-York sous un ciel humide — avec la pluie sur mon visage — j’essuie les gouttes avec un mouchoir mais ma peau reste pleine de gouttes — je marche sous la pluie jusqu‘au pont de Brooklyn — et là — c’est étrange — il n’y a plus de pluie sur mon visage — bien qu’il continue à pleuvoir — ça ne me dérange pas — bien au contraire — tu peux me dire vous

LL : Alors tu vois que les ponts c’est un peu comme le magicien d’Oz — tu es la première fille qui accepte ma main aussi longtemps en dictature sur sa nuque

L : Sans doute parce ce que je ne me sens plus menacée mais indispensable — comme le papier est un orchestre en Solo — un jour j’ai fait la connaissance de Gandhi — je l’ai pris par la main et je l’ai l’emmené au Far West —

LL : Il a dû être fracassé par ton regard qui me façonne et me donne naissance à l’instant — J’aimerais le fixer à jamais —

L : C’est très simple — si tu l’oublies mon visage — va dans un delicatessen — mange un strudel aux pommes —

LL : Et ?

L : Rien, j’aurai pu dire, touche un arbre — A chaque fois que tu oublieras mon visage — tu iras dans un delicatessen tu mangeras un strudel et tu te souviendras de moi

LL : Et s’il n’y a pas de delicatessen à portée de mains — je joue à la roulette russe ?

L : Mange une pomme — suce des raisins secs — c’est encore un peu du strudel — sans strudel —

LL : Il m’arrivait pour me souvenir de l’Eden Paradise d’appeler mon pote Poppers, l’effet était immédiat — tu as raison — J’ai de la chance — que tu sois là avec Nuque et Risotto — et strudel — enfin visage — ce sera bientôt prêt — il ne s’agit jamais pour moi d’effraction — approche-toi — toutes ces secousses de vie autour de moi...

je te dirais bien de manger des pickles si tu veux penser à moi mais je doute de l’ombre du souvenir de la volupté que tu en éprouverais...

Approche-toi — je voudrais faire pousser des jolies choses dans ta tête, des fleurs de printemps des amours naissants- des ciels mauves sur des champs de coquelicots — regarde-moi ces yeux qu’tu as un enfer tes yeux verts — mon Dingo t’es foutu — penche-toi un peu je voudrais déposer le risotto au creux de tes reins comme ça on sera bien ne bouge plus attends tu vois comme nous l’avons réussi comme c’est doux dans la bouche comme ça illumine l’âme ça chute doucement l’esprit des choses tiens la position il n’y a pas d’oiseau migrateur ici tu sais l’homme étreint tant de choses tant de rêves attend laisse-moi remettre un peu de risotto heureusement le corps garde la mémoire de l’avant fragile les excès de plaisirs chaque jour on apprend la mort de quelqu’un ici chaque jour pince le cœur où est ton visage attends je ne te vois plus...

Attends tiens-toi encore un peu

ne repars pas t’asseoir où est le bleu

tout ce rouge partout je veux me battre avec le feu la terre et les Dieux — chut — armée de fantômes dans la tête toutes ces fêlures dans le mur —

j’ai oublié ton visage tout trépigne dehors ici tout est est calme encore — tu es si belle sur le mur carcéral —

01/2012 _ Copyright © 2012 LSARAH DUBAS

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