Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
DANS LE DESERT DU BAR

"Jouer dans les ruines"Hommage à- 08/2007

9 Juin 2013 , Rédigé par LSARAH DUBAS Publié dans #Peau & tics

A Lisbonne la nuit je ne dors pas l'écran sur la ville reste allumé il y a encore des baies de genevrier la tête tourne l'aube les gens honnêtes vont se lever je suis la femme tatouée.

 

Votre esprit sous ma peau m'attache les pieds sous l'eau- Je ne respire plus- Je vous prête mon âme pourvu que vous me délivriez les pieds- Tatoués plein de mots sous ma peau- Ceux que vous avez écrit, ceux que vous avez dit et même ceux pensés en secret, pas divulgués. Au petit matin, rendue à ma nuit en plein jour, je m'endormirai enfin pour rêver en désordre dans cette chambre d'hôtel remplie d'ombres- Des chiffres s'introduisent par la fenêtre, ils montent seuls leur carte du ciel et volent en éclair- Est-ce encore un de vos tours de passe passe... Ces chiffres que vous avez, à longueur de mois et d'années, alignés consciencieusement pour gagner de quoi écrire votre oeuvre, scribe mécanique, parlent autrement quand vous les utilisez pour monter des thèmes astrologiques, qui l'eut crû ?

Eh bien, moi, je le crois- Les tables tournent avec la tante Anica qui vous initie au spiritisme en 1916. Les premiers phénomènes de médiumnité et visions astrales, vous les traduisez sous forme d'écriture automatique comme la pratiquaient les surréalistes au début du XXe siècle. Votre goût pour les vies antérieures, la mystification, les jeux de rôles, les dédoublements... n'ont, en vérité, rien d'étonnant, Tout cela suit une logique : la création des hétéronymes. Paraît que je suis prête pour entrer dans la 3ème lune- Fernando? Il fait si noir en plein jour, c'est la guitarra qui musique encore, elle a plainté la nuit durant, ramené les années- Fernando il est si froid le soleil maintenant- J'ai encore besoin de musique- connaissez-vous ce Come back ? C'est un homme venu de la pensée et des mots pour nous écrire Quatre sous d'Opéra, ce Come back nommé Bertold, écrivait lui aussi- Un révolutionnaire qui montrait les filles des billets entre les cuisses et des hommes voyous qui aiment ça, mais pas que cela- L'auriez-vous entendu à l'Opéra Sao Carlos, là où votre père donnait la critique pour ses articles? Si je pouvais rejoindre l'Avenida da Liberdade, descendre jusqu'à la Baixa et boire avec vous dans l'océan de ruines du tremblement de terre de 1755, un verre d'Aguardente, peut-être deux et même trois, trois bouteilles, je le sais, ne vous feraient pas peur, il nous faudrait bien ça pour remonter si loin le temps. L'empereur Adrien sera présent- Ne me demandez pas pourquoi… Ceux qui l'ont aimé, ceux qu'il a tués, beaucoup de monde… Silence dans les ruines, Esprits, vous parlez si fort ! No man's land, propice à vider les têtes, les chats en font leur repas, prêts à me manger les pieds…Ils sont si seuls, abandonnés, les yeux affamés, la queue par-terre, moi, je veux bien, pourvu qu'ils me rendent mon âme- Perdue, sur terre- Tant de guerres- Ne plus penser- Etre une fille à matelots, un nain chevalier, une chanteuse de fado- Je crois, comme vous, à l'invisibilité du monde, nous sommes plus grands que nos vies, trop attachés à ce réel matériel qui nous fait oublier les vérités- Il faut entendre ce que l'on veut nous dire, seulement, cette course effrénée vers nulle part, nous embourbe, nous laisse anéantis, tant d'impuissance à regarder de l'autre côté. Morts morts nous sommes avant d'avoir été. Je ne vois pas autre chose que l'Amour pour ranimer ces âmes et ces corps déjà éteints avant d'avoir su, avant d'avoir tenté d'ouvrir la porte. Dieu, quelle peur! Et pourquoi donc autant de peurs, ces vérités là sont les seules à prendre et valent mieux que toutes les cathédrales, vaines illusions. L'Autre et ses esprits, l'Autre et ses tourments, l'Autre et ses tripes, l'Autre et sa folie, l'Autre et ses lignes de fuites, l'Autre et ses regards en nous, l'Autre et ses fragilités, l'Autre et ses aboiements, l'Autre et ses doutes, l'Autre et ses larmes, son sourire et sa chair et sa peau et son mystère…Sortir des mécaniques…

 

Les ruines sont un amphithéâtre, l'on peut y jouer les intrigues, les mots sont là, dans les bouches, ils n'ont rien à faire, les mots- Simple assemblage de circonstances …Et elles sont présentes- Voyez, Fernando, ah vous êtes de retour, voyez comme ils s'assemblent si bien dans ma bouche les mots, forment de jolies phrases, en sonnets musicalisent, je crois bien que…Le diable enfin est sorti de mes pieds, c'est toujours par là qu'il sort, savez-vous, par là, la sortie- Hop hop- Je me sens soudainement plus légère, Ne pensez-vous pas que nous nous sommes tellement encombrés ces siècles- Il en faudra du temps, des tyrans, des martyrs, des sacrifices, des roulements de tambour...

Croyez-vous qu'un seul homme restera, un Coeur pur ou…assassin, lequel? Vous?

Lesquels survivent dans le chaos, Fernando? Prenons les paris!

Oh regardez, La neige tombe en plein été, c'est vous qui l'avez fait tomber.

 

 

 

jeudi, août 09, 2007

 LSD

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article