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DANS LE DESERT DU BAR

Lumière

19 Février 2011 , Rédigé par LSARAH DUBAS Publié dans #Fernando Pessoa

Dans le Barrio Alto, sur la 7ème colline, Rua Don Pedro V, cette longue rue qui serpente jusqu’au Jardin Botanique, j’ai pris un petit hotel, non loin de l’esplanade Sao Pedro De Alcantara. D’ici, le ciel s’étire ocre rouge rose bleu outremer, flirte avec la ville dans un baiser de carte postale. C’est ma première vision de Lisbonne. Il suffit d’exister pour participer de cet éblouissement. Combien de fois as-tu de ton oeil entérique absorbé ces toits bruns et rouges, ces cieux vacillant leurs nuages rendus plus présents encore par ce bleu d'éternité en toile de fond, combien de fois tes pensées dans le ciel, tes songes s’accrochent à leurs formes hallucinées, s’équilibrent au prisme, redescendent en volutes alcooliques, parcourent la ville en un oratorio tragique ; c’est la mort du roi.

Au soir, amputées du rire enfantin, de la soif et de la faim, tes pensées fièvreuses glissent sur l’allée sanglante des pieds endoloris. Tant de pas. Je dérive dans la ville sans rien prévoir que la surprise qui surgit de lieux inconnus, pourtant familiers. N’importe où à Lisbonne, naissent ces sensations d’être là où il faut être. La lumière est toujours exacte, s’accorde naturellement aux états d’âme. Chaque place, ruelle, parvis d'église, terrasse de café, où belvédère dominant le Tage, donnent ce sentiment d’être proche de soi-même, d’une essentialité qui porte le regard là où il doit se poser- Exister seulement, cela suffit bien…

   

Quand la lumière joue comme d'un onguent sur tout le vivant  

Piège la ville de ses fantômes d'Intranquillité  Ceint le front des coupables    

Quand la lumière ne serait pas plus belle à Lisbonne qu'à Naples où à Paris

mais règne plus ici sur les états d'âme 

Sentinelle votre destinée à l'affût de la lune de midi 

Voyage dans vos nids cervelets en dévore les oiseaux

Met au jour et au noir les humeurs exacerbées en éveil jusqu'à l'aurore   

Voilant les sourires invalides des Déesses proues Pourtant Vasco échappa à la fureur des flots      

Cloches de lumière le dimanche résonnent sur les corps à genoux  

Eclaire de joie soudain les chagrins médités sur les hautes pierres du Château St George          

Dans les bouges rouges sèche les yeux usés des Marins qui fichent le camp le matin du lit des putains

Mer de lumière sur les quais chappe le silence qui résonne sur les bras tatoués de Vénus de Milo soleil de nuit en désespérance des matelots    

Façades clignotantes des gargotes à la tombée du jour prennent des allures de portes de secours    

Quand la voix des fadistes s'élève en son absence    

Lumière emmanège les coeurs terrassés éclate spleen aux hommes incapables d'avancer  

Du haut des clochers en legato transperce les vitraux jusqu’aux dalles des églises prie en couleurs les croyants de confier leurs douleurs       

Se déploie dans les chairs saigne la matière brute du cerveau qui rejaillit diamants azulejos enceinte de la cité       

Arme la ville en un vaste décor noires blanches mosaiquent en négatif au sol   Les notes s'enchaînent aux destins qui la parcourent en tous sens    

Et nous     jouant de cette partition avec la virtuosité du jeune Mozart 

Des enfants sur une marelle      

Quand de sa toute puissance Lumière donne la sonorité du vent en hautbois exalte tout ce qui meurt d'impuissance    

Magistrale au petit matin accueille les conquistadors des Ho mères héritiers des épices aux noirs désirs embarqués sur les blanches caravelles Côtes flottantes jusqu'au Coeur de l'Empire  

Lumière 

Je te salue

  

2006

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Pierre William 20/02/2011 12:19


Dans quel état vous deviez etre en écrivant cela !!!!!
Cela a du vous marquer,norma, c'était déja un Bar...rio.......