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DANS LE DESERT DU BAR

Mon éther

15 Février 2011 , Rédigé par LSARAH DUBAS Publié dans #Fernando Pessoa

Dés l’aurore mon éther était un brouillard de l’esprit, pourtant je voulais être gaie et légère pour vous. Tu m’as dit : Twenty, va au Louvre voir la salle des belles Madones, des sculptures de Madones à l’enfant...Je me sens bizarre...Vous m’entendez ? J’irai aussi me promener dans les jardins du Palais Royal...Quantité de fleurs y poussent au printemps, l’air exacerbé embaume des arômes de paradis es-tu toujours là... ? mon coeur déborde, va se déverser tel un jeyser...  Pourtant je n’ai plus une goutte de sang fluide dans les veines...Ce besoin de m’extraire du temps, je prendrai le train, la destination n’a guère d’importance, elle me ramènera, quoique je fasse, toujours à toi. Bientôt je tournerai l’ultime page... Avant même que l’on énonce les choses, le vent souffle dessus et les fait disparaître. Ce n’est pas facile de vivre un amour, ça écrase le coeur, n’ai même plus la tête à te lire. Je me pencherai sur la vie, la vie extérieure qui tricote l’histoire des candides. La lumière s’éteint dans le ciel. Elle disparaît sans traces.

Cette question du bonheur s’est posée à toi comme un long jour de pluie dans ma tête. Ta solitude est nos corps abandonnés. J'ai mis ma langue dans le verre, les mots sont ressortis saoûls la transparence, l’autre côté de ton nom, couleur de raisin mur. Mouiller peaux inonder tête de l’oiseau invoquer les ancêtres pour toi je me ferai shaman coupeur de têtes nous partirons ensemble dans le  bateau. Mon coeur te dit de te souvenir que je serai heureuse avec l'Hommes. Et tout ce qui nous emporte...Ta statue au Brasileira, je la regarderai de loin les yeux fermés cette matière froide je ne veux pas la toucher. Je n’irai pas au monastère des Hiéronymites où tu reposes proche des tombeaux de Camoès et de Vasco de Gama. Je n’irai pas car tu n’y es pas. Tu te balades, éternel promeneur, plus présent que de ton vivant, tu t’amuses bien de les voir tous à ta recherche, à loisir, tu brouilles les pistes. Là où je suis, toujours je te trouverai. Nue, étendue dans l’immensité de ton esprit, je rebondis en volutes claires, amarrée à un simple fil d’argent, opérant des choix bien moins silencieux que ma voix, tourbillons bleutés, obscurs, s’arrachent, se cognent à tes mots, me signifient la rage de vaincre les ultimes obstacles. Ceux qui, sans cesser de geindre, croient me dire la vérité du monde ; ce ne sont que leurs propres tourments étalés sous de pau­vres subterfuges, leur langue n'est plus de l'humanité depuis longtemps. Je ne les écoute plus mon aimé, je m'accroche aux éclats festifs de la lune, dés que la nuit tu l’apercevras, celle-là seule saura te guider jusqu’à moi. Par delà le temps, tes mots vagabonds, à l’heure des métamorphoses, sonnent la corne de brume, me révèlent les feuilles toujours vertes de l’Intranquillité.

 

Chaque nuit est une page qui se tourne...


 


©2005  

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