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DANS LE DESERT DU BAR

VIVIAN MAIER L'OEIL ET LE COEUR

19 Février 2013 , Rédigé par LSARAH DUBAS Publié dans #Actualités

VIVIAN MAIER WEBSITE

VIVIAN MAIER BIO

 

J'ai découvert il y a 2 nuits cette photographe magnifique et sa vie, totalement inconnue jusqu'à sa mort en 2009, personne n'avait connaissance ni de son oeuvre ni de son talent ni de cette existence à observer derrière son objectif le monde, où se côtoient la misère, la high society, et cette Amérique des années 50. Vivian Maier fut durant toute sa vie une photographe fantôme et de son métier, une nourrice chérie.

 

Un hommage lui est rendu dans le livre " Vivian Maier, Street Photographer". 

 

Allez sur le site qui lui est consacré, regardez ces photos une par une et seulement ensuite, lisez sa bio- Comme moi, vous ne pourrez qu'être ému par ce talent immense et ce destin incroyable, qui, de son vivant, n'a jamais ni montré ni vendu une seule photo-

LSD

 

 

 

Vivian Maier : le mystère de la chambre noire

LE MONDE |  • Mis à jour le  |
 

Autoportrait, par la photographe Vivian Maier (1955).

 

 C'est une des rares images où on la voit sourire : dans un quartier du Los Angeles des années 1950, Rolleiflex à hauteur de la poitrine, Vivian Maier photographie son reflet dans un miroir qu'un quidam extrait d'un débarras. La situation ludique amuse la jeune femme et son air réjoui nous happe immédiatement.

 

Des autoportraits comme celui-là, malicieux ou insolites, jalonnent l'exposition « Vivian Maier (1926-2009), une photographe révélée », présentée au château deTours par le Jeu de paume. La commissaire, Anne Morin, a eu l'idée d'en glisserun dans chacune des salles du château où ont été accrochés les 120 tirages. Comme autant de clins d'oeil d'une artiste singulière dont l'oeuvre, découverte en 2009, juste après sa mort, a mis en émoi le monde de la photographie. Depuis, elle impressionne collectionneurs et galeristes, elle passionne la presse et la blogosphère au fur et à mesure que de nouveaux pans en sont révélés.

 


Chicago (Family, Transit Bus), c. 1965. Tirage argentique, 2013. 30 x 30 cm.

 

Comme pour rattraper le temps perdu, documentaires, conférences, sites Internet,livres, expositions à travers le monde (en France, deux galeries parisiennes, Frédéric Moisan et Les Douches, proposent un choix de tirages) se multiplient pour tenter d'éclairer une personnalité énigmatique et tirer parti d'une histoire digne d'un scénario hollywoodien. L'oeuvre que le public découvre aujourd'hui à travers ces expositions a en effet connu un extraordinaire parcours.

C'est dans des cartons que les quelque 100 000 clichés accumulés par Vivian Maier au cours de sa vie ont été découverts. Ils ont retrouvé la lumière en 2007, lors d'une vente aux enchères. John Maloof, 26 ans, agent immobilier au profil de Tintin et photographe amateur, cherche de la documentation sur un quartier de Chicago et achète pour 400 dollars (294 euros) ce lot appartenant à une vieille femme, et mis en vente pour loyers impayés. Quelques rares tirages, des bouts de pellicule et quantité de négatifs, ni légendés, ni datés, ni signés. Comme il l'a raconté sur son blog, puis dans son livre (Vivian Maier, Street Photographer,Powerhouse Books, 2011), et le redira dans un prochain film (Finding Vivian Maier, prévu en juin 2014), il est frappé par la force de ces images. Chaque cliché est une réussite. Il n'y a rien à jeter.

DIZAINES DE MILLIERS D'IMAGES

Paysages, portraits, scènes de rue, natures mortes : il est saisi autant par la qualité que par l'originalité du regard de l'auteur, une inconnue dont il découvre le nom sur une facture oubliée parmi les pellicules – Vivian Maier. Il met en ligne quelques clichés afin de recueillir des avis de spécialistes. « Le photographe Allan Sekula l'a immédiatement contacté pour savoir de qui étaient ces images »,raconte Anne Morin. Convaincu d'avoir affaire à une véritable artiste et de plus en plus habité par sa découverte, John Maloof lève progressivement le voile sur Vivian Maier.

 

Chicago (Woman with Floral Hat), 1961. Tirage argentique, 2013. 30 x 30 cm.

 

Née en 1926 d'un père austro-hongrois et d'une mère française, elle vécut entre les Etats-Unis et la France, notamment à Saint-Julien-en-Champsaur, village des Hautes-Alpes dont sa mère était originaire. Elle gagna sa vie comme gouvernante dans différentes familles de Chicago et cultiva tout au long de sa vie une passion secrète pour la photographie, sans la partager avec quiconque. Solitaire, excentrique (pour ne pas dire un peu cinglée), maniaque, rude : ainsi la décrivent les enfants qu'elle a gardés et dont John Maloof a recueilli le témoignage. Certains de ses employeurs, notamment les Gensburg, qui ont aidé à la reconstitution de sa biographie, ignoraient même qu'elle avait installé une chambre noire dans une de leurs salles de bains. « Son travail, elle le destinait à l'invisibilité et n'avait pas la prétention de l'en faire sortir », affirme Anne Morin.

L'observation des dizaines de milliers d'images qu'elle a laissées (un autre collectionneur, Jeffrey Goldstein, détient des tirages d'origine et des négatifs) permet, au-delà de la légende distillée par Maloof, de retracer l'univers dans lequel Vivian Maier évoluait.

Le monde de l'enfance y est très présent, à travers les portraits des petits dont elle avait la garde, pris dans les parcs et cours d'école de Chicago. Mais aussi dans l'esprit ludique qui distingue nombre de ses images, où la photographe s'amuse avec le réel, la lumière, les formes, comme le ferait un enfant.

Ses photos de rue montrent un goût pour les visages à forte personnalité, les postures insolites, la distribution des corps dans l'espace. « Elle porte sur les gens un regard authentique, elle ne cherche pas à charmer », relève le photographe Joel Meyerowitz, coauteur de Bystander : a History of Street Photography, éd. Little Brown and Company (1994). Elle semble plus émue par la faune des quartiers populaires que par les bourgeoises emperlousées des rues chics, qu'elle saisit à l'improviste, regard baissé sur le viseur de son appareil.

NOUVELLES PÉPITES

Ces photos, qui tranchent avec l'image dominante de l'Amérique conquérante des années 1950, ne sont pas sans rappeler celles de figures féminines de la street photography, comme Lisette Model (1901-1983) ou Helen Levitt (1913-2009), quand elles n'évoquent pas les portraits de Diane Arbus (1923-1971). « Pour autant, il ne faut pas la ranger dans une case, estime Françoise Morin, directrice de la galerie Les Douches et représentante en France de l'oeuvre de Vivian Maier pour la Howard Greenberg Gallery de New York, qui gère 90 % du fonds. Ses natures mortes marquées par le surréalisme, ses autoportraits sont également exceptionnels. »

Considérée comme autodidacte, Vivian Maier a été influencée par le travail de ses contemporains. Plusieurs livres de photographie ont été retrouvés dans ses archives personnelles, et sa biographie révèle qu'elle avait fréquenté une portraitiste, Jeanne Bertrand (1880-1955). Certains écrits retrouvés par Maloof laissent penser qu'elle avait une certaine conscience de son talent. Mais pourquoi n'a-t-elle rien montré ? « Elle avait une obsession pour le geste plus que pour l'image », avance Anne Morin.

Autre question que laisse Vivian Maier : comment évaluer la portée artistique de son oeuvre quand ce qui en parvient est passé par le filtre de ceux qui l'ont acquise, et sans qu'elle-même, par manque d'envie, de temps ou d'argent, ait effectué sa propre sélection ?

Quelque 6 000 négatifs du stock d'archives, désormais intégralement scanné, restent encore à développer et tirer, parmi lesquels sans doute de nouvelles pépites. La commissaire de l'exposition de Tours ne s'interdit pas de modifierl'accrochage en fonction des découvertes.


Vivian Maier, une photographe révélée, château de Tours, 25, avenue André-Malraux, Tours. Du mardi au dimanche de 14 heures à 18 heures. Jusqu'au 1erjuin 2014. Galerie Frédéric Moisan,72, rue Mazarine, Paris 6e. Jusqu'au 21 décembre. Galerie Les Douches,5, rue Legouvé, Paris 10e. Jusqu'au 21 décembre.

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Philon 21/02/2013 10:34

Vivian Maier, cette secrète photographe franco-américaine dont il nous reste encore à découvrir ses country photographies faites en France dont certaines sont de toutes beautés (portraits,
paysages).
Voir aussi le beau livre Vivian Maier, Out of the shadows; de Richard Cahan et Michael Williams.

LSARAH DUBAS 10/03/2013 09:04



Merci pour ces infos Philon